Comprendre le fonds de prévoyance lors d'une analyse d'attestation
L'attestation du syndicat de copropriété, souvent appelée attestation ASEC, est généralement le premier document que consulte un acheteur ou un courtier lors de l'analyse d'une copropriété. Parmi les informations qu'elle contient, celles portant sur le fonds de prévoyance figurent parmi les plus importantes, puisqu'elles donnent un aperçu rapide de la santé financière de l'immeuble avant même de plonger dans les états financiers complets ou l'étude du fonds de prévoyance.
Dans l'attestation, on trouve normalement le solde actuel du fonds de prévoyance ainsi que, idéalement, une indication du montant recommandé par l'étude du fonds de prévoyance la plus récente. Depuis la réforme du droit de la copropriété de 2020, les syndicats ont l'obligation de faire réaliser une telle étude au moins tous les cinq ans, et de constituer un fonds de prévoyance représentant un pourcentage minimal des cotisations annuelles. Pour bien vérifier l'état du fonds à partir de l'attestation, il faut comparer le solde déclaré avec ce montant recommandé, plutôt que de se fier au chiffre brut seul. Un fonds de 50 000 $ peut être largement suffisant pour un petit immeuble récent, mais nettement insuffisant pour une copropriété plus ancienne dont la toiture ou les systèmes mécaniques approchent de la fin de leur vie utile.
Il faut aussi porter attention à la date de l'attestation et à celle de l'étude du fonds de prévoyance qu'elle mentionne. Une attestation récente qui s'appuie sur une étude vieille de plusieurs années peut donner un faux sentiment de sécurité, car les coûts de construction et de rénovation ont pu augmenter considérablement entre-temps. De même, si l'attestation ne fait aucune mention d'une étude du fonds de prévoyance ou de sa date, cela mérite d'être clarifié directement auprès du syndicat ou du gestionnaire, puisque l'absence de cette référence peut signaler un suivi financier moins rigoureux.
Sur le plan comptable, un solde est généralement considéré insuffisant lorsqu'il ne permet pas de couvrir les dépenses en réparations et remplacements majeurs prévues à moyen terme, telles qu'elles sont projetées dans l'étude du fonds de prévoyance. Les normes comptables applicables aux copropriétés au Québec exigent que le fonds soit présenté distinctement dans les états financiers, et que les cotisations qui y sont versées ne servent qu'aux dépenses de nature capitale, et non aux dépenses d'exploitation courantes. Un solde insuffisant se traduit concrètement par un écart important entre les sommes accumulées et les besoins projetés, ce qui expose les copropriétaires à des cotisations spéciales futures, parfois substantielles, pour combler ce manque.
Lors de l'analyse d'une attestation, il est donc utile de noter non seulement le solde du fonds, mais aussi les commentaires ou réserves que le syndicat ou l'administrateur y ajoute parfois concernant des travaux majeurs à venir. Ces informations, croisées avec les procès-verbaux des dernières assemblées et l'étude du fonds de prévoyance elle-même lorsqu'elle est disponible, permettent de se faire une idée beaucoup plus juste du risque financier associé à l'achat d'une unité dans cette copropriété.